Maurice Brajon est né à Langlade, Lozère, en 1910, dans une famille qui allait compter quinze enfants. Son père, journalier, pauvre comme Job, parcourut à pied, toute sa vie, le Gévaudan, à la recherche d’un maigre salaire lui permettant de nourrir sa nombreuse famille. Ainsi que ses frères et sœurs, à six ou sept ans, Maurice Brajon gagnait sa vie comme petit berger. Parfaitement illettré à treize ans, il exerçait, à dix-neuf ans, le beau métier de maître d’école, à Paris, dans le 13e arrondissement. Pendant trente-sept ans, il enseigna aux enfants de la capitale ce qu’il avait appris en cinq ans d’études accélérées. L’âge de la retraite venu, il s’est retiré dans le village natal de sa femme, Barbaste, dans le Lot-et-Garonne. Les visites de ses quatre enfants et de ses anciens élèves, l’entretien de son jardin, le bricolage et ses fonctions de maire-adjoint meublent tout son temps. Le délassement, Maurice Brajon le trouve au milieu de son mini troupeau de cinq brebis, rappel de son enfance. Quelques promenades dans la forêt landaise, sur la petite voiture de son âne Pascalou, complètent le tout. Sa vie de petit berger, loué pendant sept ans, vivant nuit et jour avec ses moutons et son chien, dans de petites fermes, avec des maîtres pas toujours bon, lui a laissé des souvenirs bien vivaces. Il ose espérer que vous les lirez avec un petit brin d’attendrissement.